Une oxygénation holistique

Votre être tout entier se revitallise, s'unifie et s'harmonise jusqu'au plus profond de vous-même

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Ce que la science dit de l’énergie vitale

La science en parle

Nous vous encourageons à lire la totalité de cet entretien
3 pages édifiantes qui vont répondre à toutes les questions
que vous vous êtes déjà posées.


Entretien avec le Dr Thierry Janssen

Pour le Dr Thierry Janssen, auteur de La Solution intérieure,
un ouvrage remarquable - qui fait la synthèse entre toutes les données scientifiques sur le corps, les émotions, les croyances, les pensées et même l’âme ! -, la « notion floue » d’énergie vitale a justement l’immense mérite de permettre de faire le lien entre les différents niveaux de l’être.

Formé en Belgique, en France et aux États-Unis, le Dr Thierry Janssen est spécialisé en gynécologie et en urologie. Très tôt cependant, la spécialisation à outrance de la médecine occidentale le choque. Sensible aux approches transdisciplinaires et aux médecines
différentes, il s’engage dans une recherche à la fois scientifique et humaniste, qui l’amène à
publier plusieurs ouvrages proposant une vision holistique - dont le dernier, La solution
intérieure, est paru en 2006 (éd. Fayard).

Pour lui, tout être est un dans ses différentes composantes : physiques (sensations et perceptions), émotionnelles (émotions manifestées physiquement et sentiments éprouvés mentalement), intellectuelles (raisonnement).

Or, ce qui exprime le mieux la réunion harmonieuse du corps, de l’âme et de l’esprit est, selon Janssen, une notion extrêmement vague et même galvaudée, mais pour l’instant irremplaçable : l’énergie vitale. Nous nous sommes entretenus avec lui sur ce paradoxe.

Nouvelles Clés : Le mot « énergie » revient dans toutes les bouches. Mais de quoi parle-t-on
exactement ?

Thierry Janssen : Dans nos systèmes de pensée médicaux occidentaux, basés sur un
dualisme dichotomique entre corps et esprit, nous n’avons plus de modèle pour exprimer le
lien qui existe entre les deux - et entre toutes choses finalement.

Les approches qui se veulent holistiques sont obligées, dirait-on, d’aller chercher des modèles en Extrême-Orient, parce que là-bas, la pensée n’ayant pas été dans cette voie de dichotomie, elle a gardé une manière d’exprimer le continuum entre corps et esprit - et entre tous les niveaux du vivant.

Or, on constate que, tant du côté de la Chine que de l’Inde, cette liaison est résumée sous la forme de concepts que l’on traduit chez nous par « énergie ». Les Chinois parleront du qi, les Indiens du prana, et nous, Occidentaux, nous avons beaucoup de mal à comprendre, cherchant à savoir s’il s’agit d’une énergie électromagnétique, ou nucléaire, ou mécanique, ou calorique...

Et nous ne trouvons pas. Nous devrions nous rappeler qu’énergie vient du grec energia, qui veut simplement dire « force en action ». Ce concept flou permet à toutes ces médecines plus intuitives et holistiques - justement grâce à son imprécision - de montrer qu’elles agissent à tous les niveaux de l’individu, sans le cloisonner. C’est un continuum entre matière et pensée.

Selon l’équation d’Einstein, E = MC2, il y a équivalence entre matière et énergie, celle-ci se présentant tantôt comme « en réserve », tantôt comme « en action », tantôt comme les deux à la fois. C’est ce que veulent nous montrer les médecines orientales. Quand elles agissent sur le qi ou le prana (par l’acupuncture, ou les exercices respiratoires du yoga, ou le qi qong et son dérivé taï-chi), elles permettent une fluidité parfaite entre tous les niveaux de l’individu, entre sa pensée et son intellect, entre sa détente mentale et sa relaxation corporelle.

N. C. : Mais la vision scientifique d’aujourd’hui ne distingue-t-elle pas, d’une part, la
matière/énergie (E=MC2), d’autre part, l’information (d’énergie nulle et donc démultipliable
à l’infini) ? D’ailleurs, ne retrouve-t-on pas là un savoir ancien : ainsi, quand j’ai la sensation
de « manquer d’énergie », je dis : « J’aimerais retrouver la forme » - or, la forme, c’est de
l’information, pas de la matière/énergie !

T. J. : Oui ! Et j’ai justement le sentiment que l’Occident et la médecine occidentale
trouveront leur nouveau souffle quand ils accepteront de se mettre à l’ère... où nous sommes
déjà, c’est-à-dire à l’ère de l’information. Or, c’est très curieux : la médecine n’en est pas
encore là. Elle utilise certes des instruments « informatiques », mais dans sa vision profonde,
l’inertie la maintient dans l’ère précédente, qui était mécanique.

Pour reprendre votre question, E=MC2, c’est l’idée que la matière est de l’énergie condensée, et le principe organisateur de cette matière/énergie est en effet de l’information. Donc matière, énergie et information sont trois façons d’aborder la nature des choses. Et il est amusant de voir que le problème de l’Occident, qui est en même temps son avantage, c’est qu’il a éprouvé le besoin d’explorer chacune de ces facettes le plus loin qu’il a pu, séparément du reste.

Ce faisant, il a réussi à développer la science et toutes les technologies modernes, mais il s’est aussi enfermé dans des modes d’existence et d’expérience cloisonnés. Les Extrême-Orientaux n’ont pas atteint notre niveau technologique, précisément parce qu’ils n’ont jamais séparé comme nous la nature des choses en concepts distincts. L’avantage de cette limite, c’est qu’ils n’ont pas perdu le continuum et qu’ils interviennent, avec un seul outil (qi, prana... ou pneuma comme nos anciens Grecs), simultanément aux différents niveaux de l’être. Cette convergence, c’est ce que notre psycho-neuro-immunologie commence à retrouver, montrant comment on passe du psychisme au système nerveux, puis descendant jusqu’à l’expression cellulaire et génétique du corps.

N. C. : Quand je suis épuisé, surtout moralement, une simple information - par exemple un
coup de fil amoureux - peut me redonner instantanément toute mon énergie, au point que je
vais traverser la ville en courant ! N’est-ce pas le signe qu’en réalité, je n’ai jamais « manqué
d’énergie », mais que celle-ci trouvait en moi un barrage, qui l’empêchait de circuler ?

T. J. : Mon premier chapitre parle du placebo, avec lequel nous avons beaucoup de mal dans
la médecine occidentale. On ne peut comprendre comment un comprimé de sucre ou une attitude positive influencent la santé du corps que si l’on accepte d’abandonner le concept cartésien de séparation.

C’est très simple quand on voit les manifestations de la pensée dans notre corps : une bonne nouvelle peut effectivement suffire à nous donner une montagne d’énergie ; inversement, en une fraction de seconde, un autre coup de fil peut nous jeter dans un malaise insupportable et nous vider. En termes biochimiques, on constate aujourd’hui qu’effectivement, quand on a des pensées positives et que le cerveau gauche est plus mobilisé, on active plus facilement le système parasympathique de la relaxation - et donc on a des sécrétions de molécules qui vont dans le sens de la réparation et de la récupération.

Alors que quand on est dans des pensées négatives, on active plutôt son cerveau droit, qui va stimuler les glandes surrénales et tout le système orthosympathique du stress, avec l’adrénaline (pour s’enfuir ou combattre) et le cortisol (pour activer les défenses immunitaires), ce qui conduit finalement à un épuisement de l’individu.

Donc une pensée ou une intention négatives auront pour répercussion physiologique une perte de potentialité d’action, alors qu’une pensée ou une intention positives relèveront au contraire cette potentialité. Et de nouveau, on ne peut pas préciser s’il s’agit d’énergie psychique ou d’énergie physique, puisque les deux sont étroitement liées.

N. C. : Vous placez les pensées positives dans le cerveau gauche et les négatives dans le droit ? Je ne connaissais pas ce découpage-là !

T. J. : Ce sont notamment les récents et extraordinaires travaux de Richard Davidson, qui ont
montré qu’un contexte négatif ou dépressif provoque une activation préférentielle du cortex
préfrontal droit.

À l’inverse, des émotions positives nous font activer notre cortex préfrontal gauche. Considérant l’évolution du cerveau au cours des millénaires, il est de plus en plus admis que le cerveau droit est antérieur au gauche. Il est d’ailleurs un peu plus gros et plus vite formé chez le bébé. Les bébés sont plus facilement dans des émotions négatives, peurs, pleurs, malaises, douleurs, que dans des émotions positives.

Pourquoi ? Probablement parce que les émotions négatives sont les signaux d’alerte du corps en danger, donc propres au nouveau-né et apparus au début de notre évolution, quand la question était de survivre dans un contexte dangereux, où il était vital d’avoir peur ou de se mettre en colère, pour fuir ou combattre.

Ce n’est que plus tard, semble-t-il, que l’évolution nous a apporté un lot d’émotions positives, grâce auxquelles nous parvenons à vivre en groupe, à créer des relations, à aplanir des conflits, à obtenir une cohésion sociale. Aux États-Unis, des tas de laboratoires s’intéressent désormais beaucoup à cette approche, évidemment soutenus par le courant de la psychologie positive.

À sa façon, l’Occident commence donc lentement à comprendre toute une cascade de faits
dont il ne voyait pas les liens jusqu’ici... C’est drôle, récemment j’ai fait une conférence
devant des neurologues, qui ont ouvert de grands yeux et sont venus me dire à la fin : « Tout
ce que vous avez dit est vrai, nous ne le savons par la pratique, mais nous n’avions jamais fait le lien. » La plupart n’avaient jamais ouvert un livre de psycho-neuro-immunologie ! Cela
m’attriste que, dans ma culture, à force d’approfondir les détails, on ait à ce point oublié de
faire les liens. Le Prix Nobel Linus Pauling disait : « L’important, c’est le lien. »

N. C. : Éclairez-nous donc sur un lien très quotidien. On dit qu’un produit de l’agriculture
biologique est « énergétiquement plus vivant » qu’un produit de l’agriculture chimique. Pour
vous, médecin et scientifique, cela a-t-il un sens ?

T. J. : Oui, en référence au principe de cohérence, qui va devenir central, je crois, en science, mais aussi en philosophie et en spiritualité. On sent aujourd’hui, que dès qu’il quitte sa cohérence, tout système, biologique ou pas, perd de la « vitalité », c’est-à-dire de sa potentialité et de sa force en action.

Exemple psychologique : quelqu’un qui n’est plus cohérent avec lui-même, qui trahit ses intentions et ses aspirations profondes, entre en dépression et perd son énergie : il ne fait plus rien, reste dans son lit, voit l’avenir en noir, aplatit la vie. Dès que le thérapeute parvient à le remettre dans son système de cohérence, son énergie revient : il peut de nouveau agir dans le monde et sa pensée redevient créative.

Malheureusement, aujourd’hui (il nous faut voir les limites de notre culture), l’Occident
mondialise une vision prétentieuse de l’être humain, qui prétend se placer en dehors de la
matière, notamment depuis le Siècle des Lumières, quand le philosophe John Locke disait :
« La négation de la nature est la voie du bonheur. »
Nous vivons toujours dans cette optique, où nous croyons que nous devons dominer la nature, la contrecarrer, l’empêcher de suivre ses cycles naturels.

Ce faisant, nous créons des incohérences dans les systèmes naturels et nous leur enlevons de la vitalité, à tous les niveaux : mécanique, énergétique, intentionnelle – car tout être vivant a, profondément en lui, une intention, une sorte de logique de cause à effet... que le bouddhisme éclaire de façon intéressante.
On pourrait dire qu’il y a risque d’incohérence dès que nous intervenons dans la loi de cause à effet et que nous provoquons des manifestations illogiques.

N. C. : Pour déborder d’énergie, il faut donc se connaître soi-même ?

T. J. : Absolument. Et bien définir quels sont nos besoins essentiels. Cela peut prendre une
vie (d’où le titre de mon premier livre, Le travail d’une vie), d’aller jusqu’au fond de se soi,
pour comprendre quel est l’essentiel singulier auquel nous devons répondre en nous, quelle
est notre essence, autrement dit où s’allume notre vitalité profonde (l’essence ne fait pas
seulement tourner les moteurs de nos voitures !). Si je m’imagine que mon essence est de
passer du bon temps dans des lieux à la mode, je risque de perdre ma vitalité profonde si, en
réalité, ma cohérence est ailleurs. Les lieux à la mode sont d’ailleurs remplis de gens qui consomment du prozac !

Pour le thérapeute qui soigne des gens très malades, il est souvent évident qu’ils ont choisi des voies de vie trop éloignées d’eux-mêmes. Si on leur permet de retrouver, couche après couche (parce qu’on triche avec soi-même depuis longtemps), leur intention profonde, ils gagneront en cohérence et donc en vitalité.

À l’inverse, on est stupéfait de voir certains grands artistes, même âgés, déployer une énergie créatrice prodigieuse, travaillant nuit et jour, au-delà du concevable : c’est qu’ils sont en cohérence puissante avec ce qu’ils sont profondément. Et ça peut déplacer des montagnes ! D’un certain point de vue, oui, la vraie nature de cette « énergie » est de l’information. Une information globale, que plus tard, le public de l’oeuvre en question recevra comme un choc hyper complexe, qu’il faudra des années pour analyser !

Propos recuillis par Patrice van Eersel
Cet article a été diffusé la première fois dans le magazine Nouvelles Clés n° 49, en mars 2006.
SOURCE du document intégrale
http://www.cles.com/dossiers-thematiques/santes-alternatives/la-sante-est-en-nous-131/article/ceque-
la-science-dit-de-l-energie





 
 
 
 
 
 

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